Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, s'est exprimé sur le nucléaire iranien lors d'une visite protocolaire à Beyrouth. "Si les puissances mondiales ne parviennent pas à contenir la menace iranienne, une attaque israélienne sur la République islamique pourrait devenir une réalité", a déclaré Kouchner.
Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, en visite à Beyrouth.
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"Les Israéliens ne toléreront pas la bombe iranienne. Nous le savons tous. Cela représente donc un risque de tension supplémentaire et c'est pour cette raison que nous devons œuvrer à résoudre le problème. J'espère que nous parviendrons à faire cesser cette course à la confrontation en optant pour une autre voie que celle des sanctions automatiques", a ajouté Kouchner.
Le ministre français a souligné l'importance de discussions diplomatiques avec l'Iran. "Israël doit nous laisser un moment avant d'agir, nous savons bien que l'État hébreu réagira très rapidement dès lors qu'il aura la certitude de la menace que représente l'Iran."
Kouchner a exprimé son inquiétude quant à l'application de sanctions dissuasives. "Les membres du gouvernement iranien ne souffriront certainement pas des sanctions onusiennes. Le peuple, lui, risque d'en pâtir lourdement." Et d'ajouter : "J'ai été témoin des conséquences de telles sanctions à travers le monde et ce sont les plus pauvres qui sont touchés en premier, plus que quiconque dans les hautes sphères du pouvoir."
Les Etats-Unis, l'Union européenne et l'ONU attendent encore la réponse de l'Iran quant à l'accord qui a été proposé. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a d'ailleurs fait savoir lundi que son pays pourrait accepter de transférer une partie de ses stocks d'uranium enrichi à l'étranger.
Il s'agit de la première indication officielle que Téhéran pourrait accepter, au moins en partie, la proposition de l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA).
Le projet d'accord, déjà soutenu par Paris, Washington et Moscou, prévoit que l'uranium iranien à 3,5 % soit enrichi à 20 % en Russie, puis envoyé en France où il sera transformé en combustible destiné au réacteur de recherche de Téhéran.
Manouchehr Mottaki a précisé que l'Iran hésitait également à acheter à l'étranger de l'uranium déjà enrichi. Mais dans les deux cas, Téhéran continuera à enrichir son propre uranium, a-t-il dit.
Le régime islamique assure que son programme nucléaire est strictement civil mais il refuse de fournir les garanties demandées par les Six (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France et Allemagne), impliqués dans les négociations pour prouver qu'il ne dissimule pas un volet militaire.