Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a accusé le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman de menacer d'envoyer une bombe nucléaire sur la bande de Gaza et a qualifié l'Iran d' "ami de la Turquie" dans une interview publiée lundi dans The Guardian.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.
Photo: Archives , JPost
Tout en insistant sur l'alliance stratégique qui existe toujours entre Israël et la Turquie, les relations d'Ankara semblent être désormais meilleures avec les dirigeants iraniens qu'avec les Israéliens.
"C'est sans aucun doute notre ami", a dit Erdogan du président iranien Mahmoud Ahmadinejad qui a appelé à plusieurs reprises à l'éradication d'Israël. "En tant qu'ami nous entretenons de très bonnes relations et ne rencontrons aucune difficulté."
L'article rapporte également qu'Erdogan se rendra à Téhéran dans le courant de la semaine pour y rencontrer Ahmadinejad et le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, et discuter de liens commerciaux entre les deux pays.
Erdogan a en outre balayé l'inquiétude de l'Occident sur le programme nucléaire iranien : "Ils travaillent à la puissance nucléaire dans le seul but d'obtenir de l'énergie."
Le Premier ministre turc ne craint pas non plus que sa critique d'Israël envenime les relations entre Ankara et Washington. "Je ne pense pas que ce soit possible. La politique américaine dans cette région n'est pas dictée par Israël", a-t-il dit.
Il a également critiqué la réticence de l'Europe à accueillir la Turquie dans l'Union européenne.
"Parmi les dirigeants européens, certains ont des préjugés envers la Turquie, comme la France et l'Allemagne… C'est une attitude injuste. L'Union européenne viole ses propres lois", a-t-il expliqué.
"En étant dans l'Union européenne, nous construirons des ponts entre 1,5 milliard de Musulmans dans le monde et le monde non-musulman. Ils doivent prendre cela en compte. L'ignorer reviendrait à affaiblir l'Union européenne."