Les négociations de Vienne s'avèrent difficiles. L'Iran devait s'entretenir, lundi dans la capitale autrichienne, avec l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA), les Etats-Unis, la Russie et la France, afin de savoir si Téhéran entend donner suite aux signes de bonne volonté qu'il a récemment adressés aux Occidentaux au sujet de son programme nucléaire suspect. En amont de la rencontre, la République islamique faisait pourtant signe de réticence.
Le vice-président iranien et directeur de l'organisation iranienne de l'énergie atomique, Ali Akbar Salehi, répond aux questions des journalistes à Téhéran.
Photo: AP , JPost
La rencontre de Vienne, dans le sillage de celle du 1er octobre à Genève avec les six pays impliqués dans les négociations (USA, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France et Allemagne), porte sur l'enrichissement de la plupart de l'uranium iranien en Russie, afin de relever sa concentration de 5 % actuellement à 20 % - le niveau requis pour l'utilisation dans le réacteur de recherche de Téhéran.
Or, depuis la réunion de Genève, le régime des mollahs a infléchi son discours et laisse entendre qu'il préférerait acheter à l'étranger l'uranium à 20 % plutôt que de confier son uranium à 5 % à la Russie. Ni Washington, ni Paris ne sont prêts à accepter cette solution.
Le régime islamique s'était montré ouvert à la possibilité de déléguer l'enrichissement à son allié russe, ce qui soulagerait en partie les inquiétudes de l'Occident, car l'Iran n'aurait alors plus la possibilité d'enrichir son uranium dans le cadre d'un potentiel programme militaire.
On estime en effet qu'il faut au moins 1 000 kg d'uranium faiblement enrichi pour produire de l'uranium enrichi à 90 % - nécessaire à la fabrication d'armes. Or, si un accord était conclu à Vienne, Téhéran confierait plus de 1 200 kg d'uranium à 5 % à la Russie - soit jusqu'à 75 % de son stock - puis l'uranium enrichi à 20 % serait transformé en barres de combustible en France avant d'être livré à son pays d'origine. Encore le régime islamique négocierait-il probablement un transfert progressif de son stock, se laissant ainsi la possibilité de le suspendre.
Dans la situation actuelle, les Etats-Unis estiment que l'Iran pourrait posséder l'arme nucléaire d'ici 2010 à 2015. Téhéran assure que son programme est strictement civil mais revendique son droit à maîtriser tout le cycle du nucléaire, ce que les Occidentaux interprètent comme une volonté de produire des armes atomiques.
Un accord à Vienne, en neutralisant la plus grande partie des stocks actuels d'uranium iranien, donnerait à l'Occident du temps pour négocier la suspension de l'enrichissement de l'uranium en Iran. Sinon, un échec à Vienne jetterait une ombre sur la poursuite des négociations plus larges avec les Six.
Les Etats-Unis veulent conclure un accord d'ici la fin de l'année, et brandissent sinon la menace d'un nouveau durcissement des sanctions frappant l'Iran.