Dix personnes ont été légèrement blessées jeudi pendant une manifestation à Jérusalem contre l'arrestation survenue la veille d'une femme qui aurait sous-alimenté son fils de trois ans jusqu'à un état proche de la mort.
Les ultra-orthodoxes sont descendus dans la rue mercredi après l'arrestation d'une mère-bourreau, à Jérusalem.
Photo: Alisa Ungar-Sargon , JPost
La plupart des victimes sont des employés municipaux. L'un d'eux, un éboueur, a reçu des pierres en plein visage, sur la tête et sur l'épaule, près de la rue Bar Ilan.
Il a expliqué à la police que des ultra-orthodoxes l'avaient attaqué quand ils ont reconnu son uniforme. Il a été évacué vers l'hôpital Hadassah situé sur le Mont Scopus à Jérusalem pour y être soigné.
C'est dans les quartiers de Mea Shearim et de Gueula que les manifestations ont été les plus violentes.
Les manifestants ultra-orthodoxes ont lancé des pierres sur les fenêtres du ministère de l'Education rue Dvora Hanevia, pendant que des dizaines de Haredi s'en sont pris à la police, toujours avec des pierres, rues Shmouel Hanavi et Yehezkel. Rue Hayei Adam, plusieurs poubelles ont été incendiées.
Le tunnel d'Eshkol et la rue Bar Ilan ont été fermées à la circulation jeudi matin à cause des poubelles qui ont été jetées sur la route.
Parallèlement, un jour après le début des violences mercredi dans la capitale, le maire de la ville Nir Barkat a ordonné la fermeture des bureaux municipaux de Mea Shearim et de Gueula, afin de protéger leurs employés.
La femme en question, mère de quatre enfants et enceinte de cinq mois, est membre de la secte hassidique Neturei Karta. Elle est suspectée d'avoir maltraité son enfant durant les deux dernières années, jusqu'à ce qu'il perde ne pèse que 7 kg, selon les inspecteurs de police.
Elle a été arrêtée, la semaine dernière, après un entretien avec un travailleur social et est en détention depuis lors. Le tribunal a interdit la diffusion du nom de la femme, puisque l'affaire implique des mineurs.
Le jeune garçon victime de maltraitance a été conduit sept fois à l'hôpital au cours des deux dernières années, souffrant de fièvre, vomissements et importantes pertes de poids, a révélé la police.
Les médecins ont procédé à une série de tests pour déterminer pourquoi le très jeune enfant ne pouvait manger et boire. Ils n'ont découvert aucun problème interne. Conséquence de sa malnutrition : le garçon perd également ses cheveux.
C'est pourquoi les médecins qui examinaient l'enfant pour « trouble de la croissance » ont commencé à soupçonner de la maltraitance. De plus, l'enfant, hospitalisé, n'allait pas mieux.
L'hôpital a alors installé des caméras de sécurité dans sa chambre, qui ont révélé que la mère débranchait les tubes qui alimentaient son fils par intraveineuse, a déclaré la police.
La femme souffrirait du syndrome de Munchausen par procuration.
Il consiste généralement à simuler une maladie pour s'attirer l'attention et la sympathie du personnel médical et de son entourage. Plus rarement, une personne, généralement une mère, maltraite délibérément son enfant afin qu'on le croit malade et l'entoure de l'attention dont la mère a besoin pour elle-même.
La santé de l'enfant s'est améliorée depuis qu'il a été séparé de sa mère.
Il est toujours hospitalisé, mais peut dorénavant manger sans vomir. La femme et son mari, étudiant à la yeshiva, ne coopèrent pas avec la police.
Le père de l'enfant a déclaré ne rien savoir des agissements de sa femme.
La police cherche dorénavant à déterminer si les autres enfants ont été maltraités. Leur investigation est rendue complexe par le fait que les enfants ne parlent pas hébreu.