Un certain nombre d'articles récemment publiés dans le New York Times étaient fondés sur des déclarations des jeunes diplômés du programme prémilitaire, que je dirige (le programme "Rabin").
Soldats israéliens durant l'opération Plomb durci.
Photo: AP , JPost
Il s'agit de jeunes gens qui ont servi dans les unités combattantes de Tsahal pendant l'opération "Plomb durci" et qui se sont récemment réunis pour partager leurs expériences personnelles du terrain.
Ces articles avancent - tantôt de manière explicite tantôt par insinuations, - un déclin de l'engagement de l'armée israélienne envers son code de conduite.
Et, ce soit-disant abandon progressif de l'éthique militaire serait dû à l'augmentation du nombre de soldats et de commandants religieux dans les rangs de Tsahal, en général, et au renforcement de la position du grand rabbin de l'armée, actuellement occupée par Avihaï Ronsky, en particulier.
Les médias étaient tellement prompts à critiquer Tsahal qu'ils se sont rués sur une simple conversation entre neuf soldats. Des hommes qui ne faisaient que dévoiler leurs sentiments personnels.
Et les journalistes ne se sont pas contentés de tirer leurs conclusions, ils ont prononcé une véritable sentence à l'égard de l'armée.
Un phénomène qui n'a pas manqué de conduire à de sérieux malentendus quant à la profondeur et la complexité de la réalité israélienne.
Ces récits personnels n'auraient jamais dû être utilisés comme fondement aux généralisations démesurées et aux conclusions hâtives des médias.
Au contraire, ils devaient servir d'outils aux élèves de de la Mechina (centre de formation) Rabin et à leurs parents en vue de former et guider au mieux les prochaines générations.
J'ai moi-même choisi de soumettre les faits relatés par les soldats aux plus hautes sphères de l'administration militaire, et même directement au chef d'état-major le lieutenant général Gabi Ashkénazi.
Preuve de ma foi sincère en un système de valeurs morales profondément ancrées dans l'appareil militaire israélien. J'étais certain que ces récits recevraient toute l'attention qu'ils méritent, y compris les enquêtes et les réparations éventuelles qu'une telle procédure implique.
Ma foi en l'armée est avant tout basée sur une expérience personnelle de plus de 20 ans - en tant que combattant, major et mentor pour des centaines de diplômés de la Mechina Rabin.
Malgré d'inévitables divisions politiques, notre armée se caractérise par un large consensus concernant l'aspect moral du combat - un aspect profondément respecté par les soldats de Tsahal.
Une question d'héritage
Un principe général guide chacun des soldats, à la fois dans la planification et la mise en œuvre d'opérations, et réunit deux priorités : défendre les soldats et minimiser les dommages collatéraux.
Un équilibre difficile à trouver entre la nécessité d'ouvrir le feu lorsque la sécurité des soldats en dépend - et même quand la vie de populations civiles est menacée - et le besoin de faire preuve de compassion lorsque les intentions des civils sont clairement inoffensives.
Le respect de la propriété religieuse et spirituelle de la population civile fait partie de ce code d'éthique.
Plus généralement, les obligations morales de Tsahal rentrent dans le cadre de l'appartenance juive et sioniste des soldats. Leur comportement est profondément ancré dans plusieurs générations d'héritage juif et est actuellement baptisé "la pureté des armes".
Autrement dit : il faut tout faire pour protéger les individus qui ne sont pas directement impliqués dans le combat. Ce commandement sacré est au centre de l'appareil décisionnaire de Tsahal.
Il est, par ailleurs, totalement opposé au mode de fonctionnement des organisations terroristes islamistes, telles que le Hamas qui n'a qu'un seul objectif en tête : la mort de chaque Juif et de chaque Israélien.
Nos soldats, ces héros
Afin de pouvoir apprécier notre code de conduite à sa juste valeur, il est également important de resituer le contexte dans lequel il est mis en application. L'Etat d'Israël subit les attaques perpétuelles du Hamas - un mouvement fondamentaliste islamique, fondé sur une idéologie raciste et ultranationaliste et dont le principal objectif consiste à tuer des Juifs, parce qu'ils sont juifs.
Notez, par ailleurs, que le Hamas est loin d'être un mouvement marginal, mais un parti qui a été choisi par les Palestiniens pour diriger leur gouvernement.
Notre guerre contre cette organisation - qui s'abrite le plus souvent derrière des boucliers humains - confronte les soldats israéliens à un environnement particulièrement complexe.
La nature des combats, peu conventionnelle, porte son lot de difficultés et d'échecs. La grandeur d'une armée qui se bat dans de telles conditions réside en sa politique de "tolérance zéro" (en ce qui concerne les erreurs de terrain) et sa disposition à corriger ses erreurs.
Si nous cherchons à retenir une bonne leçon- et non pas celles que tentent de nous apprendre les médias, y compris les médias israéliens -, il faudrait avant tout se pencher sur l'émergence de discussions au sein de la société israélienne elle-même. Et c'est précisément en vertu de ce code d'éthique que les combattants se sont exprimés aussi ouvertement.
"Que notre camp soit pur." Telle est la philosophie de mes combattants.
Non seulement parce qu'elle résume notre enseignement, mais parce qu'elle constitue l'essence de leur croyance et de leur héritage national. Une croyance et un héritage que nous partageons tous : Israéliens religieux et laïcs, de droite et de gauche, à l'armée et ailleurs. Elle est source de fierté et de confiance, même aux moments les plus difficiles. n
Danny Zamir dirige le programme prémilitaire Itzhak Rabin.