Au lendemain d'une saisie d'armes à destination de la Syrie et du Hezbollah, sur un navire au large d'Israël, le Premier ministre Binyamin Netanyahou a interpellé la communauté internationale sur le soutien matériel de l'Iran aux organisations terroristes.
Le Premier ministre, Binyamin Netanyahou.
Photo: AP , JPost
"L'Iran envoi des armes à des organisations terroristes pour nuire à des villes israéliennes et tuer des civils", a déclaré Netanyahou. "Le temps est venu pour la communauté internationale d'exercer une véritable pression sur l'Iran afin qu'il cesse toute activité criminelle. Il faut soutenir Israël quand il se défend contre ces terroristes et leurs commanditaires."
Le ministre de la Défense, Ehoud Barak, a visité le port d'Ashdod jeudi. Il a notamment félicité le chef d'état-major Gabi Ashkenazi et le vice-amiral Eliezer Marom, commandant en chef de marine, pour avoir découvert la cargaison d'armes.
"C'est un nouveau succès dans le combat incessant contre la contrebande et l'armement des cellules terroristes qui menacent la sécurité d'Israël", a-t-il dit. Bien que l'Iran et la Syrie aient nié toute implication, le président Shimon Peres estime que le monde entier peut désormais prendre conscience du profond fossé entre ce que disent et font ces "Etats voyous".
Quant à la politique à adopter, les dirigeants israéliens restent divisés.
Le ministre de la Diaspora, Youli Edelstein, en partance pour les Etats-Unis la semaine prochaine avec le Premier ministre Binyamin Netanyahou et le ministre de la Défense, Ehoud Barak, compte "utiliser cette affaire comme un exemple. Il est déplorable que ce genre de choses arrive. Mais, dans le cas de cette semaine, je pense que le timing des terroristes joue à notre avantage."
"Cela confirme ce que nous pensions du rapport Goldstone : il encourage le terrorisme (…). L'arsenal découvert sur le navire [Francop] en est la preuve concrète", dit Edelstein. "Cet incident nous rappelle que, avec tout le respect que nous devons au juge Goldstone et à l'ONU, nous devons d'abord agir pour protéger nos citoyens. Et c'est d'ailleurs ce que nous avons fait."
Dans un entretien avec son homologue croate, Luca Babik, le président de la Knesset, Reouven Rivlin (Likoud) a déclaré, de son côté, que cette saisie "prouve une nouvelle fois que les groupes terroristes n'ont de cesse de travailler à l'éradication d'Israël. Quelle que soit la destination finale des armes, elles nous rappellent que nous sommes au milieu d'une lutte existentielle éternelle."
Tzipi Livni (Kadima), à la tête de l'opposition parlementaire, s'est elle aussi exprimée au sujet de l'affaire Francop : "Nous félicitons la marine et l'armée israélienne pour leur saisie (…). Sur certains sujets, il n'y a ni coalition ni opposition. Nous sommes tous des partenaires de la nation dans la guerre contre le terrorisme, qu'il soit parrainé par le Hamas, le Hezbollah, ou d'autres groupes qui les soutiennent."
D'autres se sont montrés plus mitigés. Si le député Arieh Eldad (Union nationale) félicite également les forces de sécurité et de renseignement, il ajoute qu'"aujourd'hui la Turquie permet l'infiltration d'armes iraniennes et syriennes. L'Egypte est une zone de transit sans que personne ne conteste l'importation de roquettes capables de frapper Tel-Aviv et Dimona."
"L'Etat d'Israël ne peut ignorer [le fait] que ceux qui sont considérés comme nos amis soutiennent ouvertement un terrorisme qui nous menace", a déploré Eldad.