22.11.09
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En attendant l'ambulance...

Par JUDY SIEGEL-ITZKOVICH
05.11.09
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Si vous êtes malade ou blessé et composez le 101 pour appeler le Magen David Adom (MDA), il est probable que la première personne à se présenter arrivera à pied, en voiture privée, en moto, en Tomcar, en 4X4, en bateau "ambu-boat" du lac de Tibériade ou même à bicyclette. Mais pas en ambulance. Il s'agira alors d'un secouriste bénévole de la United Hatzalah, généralement médecin ou membre du secteur paramédical et prêt, 24h/24, à interrompre ses activités, quelles qu'elles soient, pour vous porter secours. En règle générale, il sera chez vous en quelques minutes à peine. Vous pourrez le distinguer du personnel rémunéré du Magen David Adom par sa veste orange et noire aux effigies du MDA sur une poche et de la United Hatzalah (UH) sur l'autre.

Les aides médicales se précipitent au secours des malades et des blessés, quels qu’ils soient.
Photo: UH , JFrench

Les bénévoles de la UH (mis à part quatre personnes employées) ne sont pas dédommagés (on ne leur rembourse même pas les frais d'essence). Ils se composent de Juifs et d'Arabes, d'hommes et de quelques femmes, de religieux et de laïcs. Parmi eux : quelques Israéliens arabes ou haredim qui ont choisi d'effectuer leur service civil national de cette façon. Mais malgré cette diversité, on peut néanmoins décrire le bénévole UH moyen comme un homme religieux arborant kippa noire, barbe, et franges rituelles qui se balancent sur ses hanches. En général, le malade ou le blessé qui bénéficie de son assistance ne connaît pas la différence entre MDA et UH. Tout comme il ignore pourquoi ces deux organisations sont aussi essentielles l'une que l'autre.

Première rencontre pour tenter d'en savoir plus avec Elie Beer, fondateur et coordinateur en chef de la UH. Beer a fait son aliya de New York avec ses parents en 1969. Il gagne aujourd'hui sa vie grâce à l'agence immobilière familiale, mais passe le plus clair de son temps dans les locaux étroits et poussiéreux de la UH, en compagnie de Daniel Katzenstein, médecin haredi venu de Dallas il y a 11 ans, responsable administratif du service d'urgence.

UH et MDA : même combat

Au beau milieu de notre longue interview, Katzenstein reçoit une alerte sur son beeper, relié comme ceux de tous les médecins et assistants de la UH, au système de communications du MDA. Il saisit aussitôt sa veste orange et noire et sa trousse médicale pour se précipiter au centre commercial Center 1 de Jérusalem, où un ouvrier vient de faire une chute grave. Une demi-heure plus tard, à son retour, il explique qu'une ambulance du MDA - basée au quartier général de Jérusalem, à 100 m à peine de la UH, est arrivée peu après lui pour prendre le relais. Beer et Katzenstein profitent de cet exemple pour affirmer que, dans 90 cas sur 100, les bénévoles de la UH arrivent avant les ambulances du MDA. La raison est simple : il s'agit de particuliers répartis partout dans le pays, et non postés dans des stations officielles de secours. "Chacun de nos volontaires est une succursale en soi", ajoute Beer. "Nous n'avons pas de locaux. Sachant qu'il importe parfois d'intervenir dans les dix minutes qui suivent une crise cardiaque ou un accident, notre organisation met l'accent sur la rapidité, afin d'accroître les chances de survie."

C'est en 1979 qu'avec quelques amis et voisins, Beer fonde l'organisation dans le quartier de Beit Vegan, à Jérusalem, à la suite d'un attentat-suicide dans un bus Egged. "Les ambulances ont mis un temps fou à arriver. C'était le premier attentat de ce genre en Israël. Les chauffeurs de taxi se dévouaient pour amener le plus rapidement possible les blessés à l'hôpital Chaarei Tsedek. Pour ma part, j'avais toujours rêvé d'être médecin, sans y parvenir, aussi me suis-je porté volontaire au MDA. Le centre m'a alors donné un scanner radio qui prévient des cas d'urgence."

Beer est aujourd'hui marié à une éducatrice spécialisée et père de cinq enfants. Très fier, il raconte que l'une de ses filles a versé tout l'argent reçu pour sa bat-mitzva (plusieurs milliers de shekels) à la UH, qui a ainsi pu faire l'acquisition d'un scooter.

Si Hatzalah Jérusalem a pu voir le jour, c'est grâce à quelques donations et un petit groupe de volontaires formés sur le modèle d'une Hatzalah de Brooklyn. Aujourd'hui, à son actif : 1 500 bénévoles, répartis dans 70 villes d'Israël, du Golan à Eilat, et qui répondent à quelque 300 urgences par jour, soit 100 000 par an (Shabbat et jours de fêtes compris). La UH, qui fonctionne uniquement grâce aux dons privés, est désormais la plus importante organisation bénévole à être intégrée aux services d'urgence nationaux chapeautés par le MDA. Elle fonctionne sur un budget de 10 millions de shekels, distinct de celui du MDA, auquel elle achète des services, comme la formation permanente de ses médecins, ou une partie de son équipement. Certains bénévoles assistent également à des conférences du Professeur Avi Rivkind, chef de clinique en chirurgie et en traumatologie à l'hôpital Hadassah Ein Kerem. Rivkind fait également office de consultant médical non rémunéré pour la UH.

Contrairement au MDA, qui est le service national d'urgence, de secours, d'ambulances et de transfusion, la UH ne dispose pas d'un très grand équipement. Elle ne possède que huit ambulances, dont trois basées à Beit Shemesh, qu'elle utilise seulement pour les urgences. Selon Beer, le MDA regroupe infiniment plus de bénévoles, mais lorsqu'il transporte des patients vers les services de consultation externe des hôpitaux, il prend deux fois plus cher que les compagnies d'ambulances privées.

"La UH n'est en aucun cas concurrente du MDA", poursuit-il. "Nous lui offrons simplement nos services. Nous aidons également deux compagnies d'ambulances privées, Natali et Shahal, ainsi que d'autres organisations de bénévoles comme Yad Sarah, Ezer Mizion, ZAKA et Hahovesh. Nous ne voulons pas remplacer le MDA : notre unique objectif est de sauver des vies."

L'an dernier, la presse avait consacré ses manchettes au MDA. En concurrence avec des compagnies privées, le service de secours n'avait pas réussi à obtenir le droit de fournir les premiers soins dans les écoles et d'autres lieux publics. On lui reprochait également d'interdire à ses employés rémunérés d'officier comme bénévoles à la UH, et aux employés de compagnies privées de se porter volontaires au MDA.

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