La Corée du Nord donne des sueurs froides à Washington. Pyongyang a annoncé mardi avoir repris le traitement de combustible nucléaire pour en extraire du plutonium.
Usine de fabrication permettant d'étendre le programme nucléaire de la Corée du Nord, à Yongbyon.
Photo: AP
L'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA a précisé que le pays avait achevé le traitement de 8 000 barres de combustible nucléaire : cela permettrait à la Corée du Nord de produire sa première bombe nucléaire, selon des experts.
Elle posséderait suffisamment de plutonium pour alimenter au moins six armes atomiques.
Avec cette déclaration, le régime de Pyongyang menace clairement d'augmenter ses réserves de combustible nucléaire.
Le pays avait déclenché la colère de l'ONU en relançant ses installations de Yonngbyon en avril : chaque test de sa technologie de missiles à longue portée est condamné par la communauté internationale. Pire : la Corée du Nord n'a pas hésité à expulser les observateurs internationaux.
En septembre, le régime affirmait en être à la phase finale du traitement des barres de combustible, en parallèle de l'enrichissement en uranium. Le pays dispose donc de deux ressources nucléaires.
Cette annonce intervient alors que la Corée du Nord a de nouveau exhorté, lundi, les Etats-Unis à entamer des négociations directes : le ministre nord-coréen des Affaires étrangères a affirmé qu'il agirait "comme bon lui semble" si Washington continue de refuser d'aborder le sujet.
Washington a déclaré qu'il était prêt à un tête-à-tête avec le régime communiste - s'il accepte des pourparlers à six, comprenant la Chine, le Japon, les deux Corées, la Russie et les Etats-Unis.