L'arrestation de Teitel, israélien d'origine américaine de 37 ans, criminel présumé, met en relief le terrorisme juif.
Yaacov Teitel.
Photo: Ariel Jerozolimski , JPost
Si les allégations à l'encontre de Yaacov "Jack" Teitel s'avèrent être véridiques, le Shin Bet (L'Agence israélienne de sécurité) aura réussi à attraper l'un des terroristes juifs les plus dangereux de ces dernières années.
Mais reste une question de taille : pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps avant de l'arrêter ? Douze ans se sont écoulés depuis le double meurtre de Teitel, en 1997. Douze ans que le criminel court dans la nature.
D'après les services de sécurité, l'homme se serait familiarisé avec les armes et explosifs quand il passait ses journées sur les bases militaires, en compagnie de son père - dentiste à la marine américaine. Dans le jargon de la Défense, Teitel était qualifié de "tueur solitaire", autrement dit, un terroriste particulièrement difficile à saisir.
Le meurtrier a toujours pris grand soin d'être discret. Il a, par exemple, évité toute révélation de ses actes à sa famille ou amis. Et, selon les suppositions de la police, était très attentif à porter des gants lors de ses agissements - même lorsqu'il placardait des affiches homophobes.
Des victimes hétéroclites
Autre point qui a rendu sa capture difficile : l'extrême diversité de ses cibles. Teitel ne se limitait pas aux Palestiniens ou homosexuels : Israéliens de gauche, juifs messianiques ou encore policiers constituaient aussi ses appâts. De quoi compliquer la tâche du Shin Beth, au moment de rassembler tous les éléments et créer le profil exact du suspect.
Pour autant, il reste toujours difficile de comprendre comment les services de renseignements n'ont pas réussi à mettre la main plus tôt sur le terroriste. Si cette question se pose, c'est qu'en 2000, Teitel était de retour en Israël, après trois ans passés en Floride. Le Shin Bet l'attendait alors à l'aéroport avec, entre les mains, plusieurs informations faisant de lui un coupable potentiel dans les meurtres de 1997. Mais le nouvel immigrant a dû être relâché, faute de preuves.
De même, s'il était suspect, pourquoi Teitel détenait-il un permis de port d'arme délivré par le ministère de l'Intérieur ? La police a répondu dimanche que, n'ayant jamais été inculpé dans quelque affaire israélienne que ce soit, aucune loi ne l'empêchait d'obtenir cette licence. Pourtant, l'information paraît paradoxale face aux mesures draconiennes aujourd'hui appliquées par les autorités : par exemple, interdire à l'accusé de voir un avocat pendant vingt jours.
Selon les hauts responsables de la sécurité, la cache d'armes découverte à côté de la maison du tueur contenait neuf sortes d'armes automatiques, snipers et pistolets apportés en Israël par conteneur maritime. Là encore, on aurait pu s'attendre à ce que le Shin Bet ait inspecté le moyen de transport, si des suspicions existaient déjà.
Interrogés, les services de renseignements n'ont pas désiré répondre à ces remarques et préféré répéter à qui voulait l'entendre que l'enquête continuait. Toutefois, une chose est sûre : les services de sécurité mènent une enquête parallèle, dans leurs propres organes, afin de voir où les choses auraient pu mal se passer et surtout, comment anticiper un prochain cas Yaacov Teitel. Désormais, le Shin Bet, Tsahal et la police israélienne font de l'existence d'autres terroristes juifs leur priorité.
Teitel n'est pas le premier sur la liste, qui s'avère, en fait, être longue. Parmi ces criminels : Barouch Goldstein qui, en 1994, avait abattu 29 pèlerins musulmans à Hébron. Eden Natan-Zada avait, quant à lui, tué quatre Arabes israéliens à Shfaram, avant le désengagement du Goush Katif, à l'été 2005. Et un haut responsable du Shin Bet d'admettre dimanche 1er novembre, que beaucoup d'attaques terroristes anti-palestiniennes en Judée-Samarie ont eu lieu ces dernières années et restent à élucider.