24.11.09
7 Kislev 5770

Ballet russe et flamenco

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L'âme russe sur scène


Photo: Leonid Yurik , JPost

Igor Moïsseïev, chorégraphe légendaire du XXe siècle, rend à la danse folklorique ses lettres de noblesse. Le Ballet Moïsseïev, qu'il a fondé voilà 70 ans, a prévu une escale en Israël.

Tous les samedis après-midi, à Tel-Aviv, les amateurs de danse folklorique se donnent rendez-vous sur la promenade du bord de mer, en face de la plage Gordon. Initiés ou débutants, en ballerines ou jean et T-shirt, toutes générations confondues participent à cet événement festif et spontané.

Chorégraphe jusqu'à... 101 ans

Au cours des vingt dernières années, grâce notamment au succès du spectacle Riverdance, la danse folklorique a su retrouver son public. En ligne, en cercle, en couple ou en individuel, elle est le vecteur qui permet à tout un chacun de parler de sa musique, son histoire, son parcours. Autrefois pratiqué uniquement en cercles restreints, son passage à la scène a été initié il y a de nombreuses années, grâce à Igor Moïsseïev, "le maître", comme aiment à l'appeler ses pairs.

Né en Russie en 1906, Moïsseïev a dédié sa vie aux danses de sa patrie. Sa formation artistique achevée, il rejoint la troupe du Bolchoï à Moscou. Après quinze ans au sein de la prestigieuse compagnie, il est chargé de lui adapter une chorégraphie originale. Footballer, mis en scène en 1930, sera une œuvre très acclamée. Moïsseïev utilise des éléments visuels propres au sport pour traduire l'agitation politique de l'époque. C'est le début de sa carrière de chorégraphe, qui durera jusqu'à l'âge de101 ans, à sa mort.

Six ans après sa première création, il devient le directeur d'une nouvelle compagnie de danse, bientôt baptisée le Ballet Moïsseïev. Depuis cette date, la troupe n'a cessé de se produire dans le monde entier. Si ses racines résident dans la danse folklorique russe, Moïsseïev a su s'aventurer au-delà des frontières de son pays, du côté des danses traditionnelles mexicaines, espagnoles, argentines ou encore indiennes. Au total : il a créé plus de trois cents spectacles.

La passion, la rigueur et l'humour

En 2007, sa mort jette le doute sur l'avenir de la troupe. Va-t-elle disparaître avec son "maître" ? Quelque temps avant son décès, l'une de ses danseuses étoiles, Elena Shchebakova, avait pris les rênes de la compagnie. Elle se souvient avec émotion de ses années de partenariat artistique avec Moïsseïev : "Je suis très privilégiée d'avoir travaillé avec lui", confie-t-elle.

"C'était toujours un plaisir de répéter ensemble. Il était unique. Il savait exactement ce dont un artiste était capable et il atteignait toujours ses objectifs. Il avait mis en place une discipline stricte, nécessaire pour réussir, mais il avait aussi beaucoup d'humour et savait plaisanter quand il sentait ses danseurs fatigués ou avides d'encouragements. Nous n'avons jamais répété sans enthousiasme. C'était impossible pour lui."

Shcherbakova aurait pu modifier radicalement la structure du Ballet Moïsseïev après la mort du chorégraphe. Mais elle aurait alors fait preuve de déloyauté envers l'esprit de la troupe. "Tout est comme du temps d'Igor. Nous ne changeons rien", a-t-elle assuré. "Il s'était soucié avant son départ de l'avenir de la compagnie. Un comité artistique a donc été mis en place depuis son décès. Il inclut la plupart de nos professeurs. Chacun est responsable d'une certaine partie du répertoire et nous sommes ainsi en mesure de poursuivre le travail du 'maître' pour les nouvelles générations. Je ne suis pas directrice artistique mais responsable de la troupe, et professeur." La digne héritière d'Igor Moïsseïev.

Le Ballet Moïsseïev sera en Israël les 3, 4, 5 et 6 novembre prochains. Le spectacle réunit plus de quatre-vingt danseurs pour quatre représentations successives à Tel-Aviv, Haïfa et Jérusalem. Pour plus d'informations, www.moïsseïev.ru

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Castagnettes et châles de Manille

Du 3 au 7 novembre, Flamenco et Boléro seront à l'honneur au Festival international de danse de Tel-Aviv.

Ceux qui l'ont vue danser s'en souviennent encore. Sa force, l'intensité de ses mouvements, sa rapidité, son air sévère. Elle est "La légende" du Flamenco, qu'elle a révolutionné par son style explosif et anti-académique. Non remplacée depuis sa disparition en 1963, Carmen Amaya est aujourd'hui au centre du spectacle de José Antonio. Dans La Leyenda, le spectacle qui lui rend hommage, le chorégraphe puise dans les souvenirs de ses rencontres avec sa muse. Sans chercher à l'imiter, Antonio traduit en mouvement quelques instants de sa vie et de son art, de sa grandeur et de sa solitude.

Avec affection et admiration, il a créé une chorégraphie où règne la dualité. Où les danseuses du Ballet national d'Espagne (BNE) arborent des costumes d'homme, comme il plaisait à Amaya de danser... Ainsi, avec la troupe du BNE qu'il dirige depuis 2004, José Antonio sera, le temps de deux spectacles du Festival international de danse à Tel-Aviv, l'ambassadeur de la culture espagnole. La Leyenda, pour le tempérament, et Aires de Villa y Corte (Air de ville et de cour), pour le décor. Dans ce dernier spectacle, le chorégraphe transporte en effet le public dans Madrid des années 1800.

Pour évoquer des scènes contemporaines de la vie de palais, Antonio revisite "la Escuela Bolera" (l'Ecole Boléro), la danse académique espagnole telle qu'on la pratiquait à la cour d'Espagne à l'époque. Style complexe, il met depuis toujours les danseurs au défi avec sa virtuosité technique et la difficulté de devoir danser tout en jouant des castagnettes.

"Dans ce ballet, je réinterprète les codes de danse traditionnels. Je tente de les rendre plus contemporains, tout en conservant la rigueur esthétique la plus exacte", explique le chorégraphe. Né dans la capitale espagnole, Antonio n'en est pas à sa première expérience avec le Ballet national d'Espagne.

Premier danseur de la troupe lors de sa création trois décennies plus tôt, il prendra une première fois les rênes du BNE en 1986, avant d'être à nouveau nommé directeur de la compagnie par le ministère de la Culture espagnol il y a cinq ans. Ses nombreuses productions lui ont valu plusieurs décorations, dont le Prix national de danse en 1997 ainsi que la Médaille d'honneur délivrée par la Fondation de danse Alicia Alonso en 2004.

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