24.11.09
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Immigration : menace ou aubaine ?

Par AMIR MIZROCH
02.11.09
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On peut considérer la question des travailleurs étrangers en Israël de deux manières : soit comme une grande menace pour le caractère juif de l'Etat, soit un phénomène inévitable de migration économique qui doit être régulé.Néanmoins, ces deux perceptions ne peuvent coexister.

Enfants de travailleurs illégaux.
Photo: Ariel Jerozolimski , JPost

Que voit le ministre de l'Intérieur Eli Yishaï, lorsqu'il observe les vastes migrations africaines ? Une colonne noire de millions d'individus. Des individus porteurs de maladies, des non-Juifs qui débarquent dans le fragile Etat hébreu pour lui ôter son caractère juif. Pour prendre nos emplois, nos maisons. Autrement dit : mettre fin à l'entreprise sioniste. Ils viennent ici légalement mais s'enracinent illégalement. Ils enfreignent la loi, ils sont des criminels.

D'un autre côté, vous pouvez aussi considérer ces nouvelles arrivées comme un phénomène inévitable, dont Israël pourrait tirer d'énormes avantages culturels et économiques. Les champs fleurissent, les maisons se construisent. Nous apprenons à apprécier leur culture. Appelons cela l'approche "nous sommes tous des êtres humains". C'est perceptible dans toutes les grandes villes du monde : Berlin, Paris, New York. Les municipalités, en collaboration avec le gouvernement, s'occupent de ces migrants. Parfois cela marche, parfois non.

L'immigration est une question récurrente du cabinet ministériel chaque dimanche. Environ 1 200 enfants de travailleurs étrangers sont menacés d'expulsion. Ils vivent dans l'ombre constante de l'incertitude. Il est presque inhumain de les maintenir dans cet état de détresse. Seulement les enfants ne sont que la pointe de l'iceberg.

Quelle sera la politique israélienne envers les centaines de milliers de travailleurs étrangers déjà sur son territoire, et ceux qui arrivent ?

Il faut tenir compte du fait que l'immigration économique de masse n'est pas une épidémie. Mais si elle n'est pas réglementée, elle peut se transformer en urgence nationale. Bien gérée, elle devient un bienfait. Le pays a besoin de ces travailleurs. Nous avons besoin de leur travail.

Ici, nous pouvons leur offrir de meilleures conditions de vie, diminuer le risque de problèmes sociaux et médicaux. Ils nous le rendent bien. Chaque travailleur paie entre 10 000 et 12 000 dollars pour se rendre en Israël. Leur salaire mensuel est, au mieux, d'environ 800 dollars. Sur cinq ans, ils n'auront pas gagné plus de 40 000 dollars. Et sur cette somme, ils dépensent 10 000 à 12 000 dollars pour leurs frais quotidiens.

Le gouvernement pourrait accepter d'intégrer les travailleurs étrangers, dont les enfants sont nés ici. Les expulser ne résoudra rien et ne fera que rendre Israël méprisable aux yeux de tous.

Il pourrait ensuite fixer une limite à la période accordée aux travailleurs étrangers pour rester en toute légalité sur le territoire, entre cinq ou dix ans. Ainsi, ils n'auraient plus assez de temps pour fonder une famille. Par exemple, la plupart des travailleurs africains n'ont pas d'enfants, il y a moins de 10 % de femmes parmi eux (le corollaire est la forte demande pour les prostituées, autre souci majeur que le gouvernement doit traiter).

Des dizaines de milliers de travailleurs étrangers vivent près du parc Levinsky à Tel-Aviv. La municipalité a entamé des programmes sociaux indépendants de toute politique globale du gouvernement - puisqu'il n'y en a pas. Le parc est rempli d'hommes de l'Erythrée, du Congo et du Soudan. Ils n'ont rien à faire à part tourner en rond. Les appartements et les abris souterrains du sud de la ville sont pleins à ras bord. Ce sont de véritables incubateurs pour les maladies et les problèmes sociaux.

Alors que Jérusalem tergiverse, Eilat et Arad se sentent dépassés.

Ceux qui craignent l'invasion démographique, affirment qu'il y a des millions d'immigrés qui attendent de pouvoir inonder Israël. Concernant les travailleurs africains, on peut douter de cela. Selon les chiffres de Brit Olam, le Mouvement des volontaires israélo-juifs, il y a quelque 40 000 Africains actuellement en Egypte, dont 20 000 réfugiés soudanais. D'après le mouvement, ils travaillent dans plusieurs pays à travers l'Afrique, il y a très peu de chances qu'ils traversent la frontière du Sinaï. Il reste à savoir qui a raison à propos des chiffres - des ONG telles que Brit Olam ou le ministre israélien de l'Intérieur.

A ses yeux, Yishaï est aujourd'hui l'ultime rempart du caractère juif d'Israël. En tant que ministre de l'Industrie et du Commerce, il a été le protecteur de l'agriculture et de la construction. Et il avait besoin de main d'œuvre bon marché. Aujourd'hui à l'Intérieur, sa tolérance diminue et laisse finalement peu d'espoir sur le sort de nos migrants.

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